La compagnie générale des os

Les radis os

Chrysalide

Patate de mort

Radio tas d'os

Enture

Poulets en barquette

Astrakan

Pain moisi sans conservateur

Loup blanc

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Les six lanternes merveilleuses

La série sur la Chine est venue comme un carnet de retour, reconstitué en France, à travers le prisme de l’imagerie chinoise.
Il s’agissait, par assemblage et par détournements, de reconstituer une Chine de fantaisie, imaginaire mais non dérisoire, car associant à l’imagerie populaire criarde et naïve, l’imagerie de propagande et l’imagerie liée à une culture immémoriale.
La Chine que j’avais découverte était noyée dans une grisaille technologique et urbaine. Mon attention s’était focalisée sur les appels de couleur portés par tous les objets de la vie quotidienne.
Ces premières impressions de voyage ont été réveillées à mon retour en France.

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La compagnie générale des os

Le hasard d’un oubli a été la cause d’une transmutation.
Les reliefs d’un repas se sont avec le temps entourés d’une chrysalide de matières étranges que la photographie glorifiait.
C’est ainsi qu’est venue l’idée d’un élevage d’os de poulets.
Certains os ont été soumis au radicellement, d’autres laissés à mûrir jusqu’à la moisissure, les derniers élevés au rang de reliques sur leur lit de fourrure….
Une séance de portraits a enregistré au plus près ces sculptures provisoires, fixant dans le détail un moment de la transformation des matières.

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Visions du Tibet

Depuis des années j’admire les Tibétains, ces personnes qui résistent contre une implacable machine à détruire leur culture, en recréant en exil leur mode de vie si particulier, tout en utilisant la modernité, quand elle peut devenir leur alliée.
Ils ont mis en marche la machine à rêver des images.
Je voudrais pouvoir montrer, par mon travail de photographe, comment une culture avec des croyances, des traditions si anciennes et un art totalement étrangers peuvent solliciter l’imaginaire de chacun et lui permettre d’inventer des mondes où vivre et penser.
Les photos sont présentées sous forme de tirages photographiques de grands formats, avec un encadrement spécifique pour chaque image rappelant les bordures de tissus des thangkas tibétains.

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Archéologie familiale

Mon grand père maternel était tailleur et maraîcher. Il est né à Sokolow en 1874, a vécu une partie de sa vie en France, a été réexpédié en Pologne pour être assassiné à Auschwitz en 1943. Comme mes deux grands-mères.
Mort d'un cancer à 52 ans, mon grand-père paternel a été enterré à Bagneux. C'est le seul qui a pu avoir une tombe.
Je ne les ai pas connus, ces vieux juifs. Alors, pour tous les quatre, j'imagine une sépulture où déposer leurs cendres, Je leur redonne le corps qu'on a voulu annihiler.
Avec des bribes de vies réelles, romancées, inventées. Posées comme le contraire d'un inventaire, elles  témoignent.
Un journal du Bund, une gourde de poilu, un tchanik, un bouquet de pivoines, trois boules de billard, une aspirine "Usines du Rhône", une tranche de jambon, une craie de tailleur, un sabre brisé, des barbelés, une boite de zyklon B, le rideau derrière lequel ma mère s'est cachée...
Les quatre derniers portraits de ceux qui n'ont pas pu poser.